Nathalie Perrin-Gilbert – Conseillère de la Métropole

Séance Publique du Conseil de la Métropole du 07/07/2019

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les élu.e.s,

Le GRAM votera contre cette délibération qui vise à subventionner les investissements d’un certain nombre de collèges privés sous contrat. Pour l’année 2019, 28 demandes de subventions ont été retenues pour un montant total de 1,5 millions d’euros.

Si nous reconnaissons le travail réalisé par certains établissements, nous considérons que la puissance publique n’a pas vocation à subventionner des investissements portés par des structures d’enseignement privé.

Nous pourrions, à la rigueur, accepter que la Métropole subventionne des travaux réglementaires de sécurité et d’accessibilité. Mais, contrairement à ce que Monsieur le Vice-Président vient d’affirmer, ces derniers sont minoritaires dans la liste que vous nous proposez. En effet, seules 11 demandes sur 28 concernent des travaux de sécurité ou de mise en conformité avec les normes PMR. Le reste des demandes concernent des opérations de restructuration/réhabilitation et des travaux divers, ces demandes-là représentant près de 60 % de l’engagement budgétaire que vous sollicitez via ce projet de délibération.

Nous nous refusons à flécher des fonds publics sur des établissements qui ne font pas partie de notre patrimoine. Et ce d’autant plus que ces fonds seraient bénéfiques à nos collèges qui souffrent du manque d’anticipation démographique, qui pâtissent des restrictions budgétaires qu’elles soient métropolitaines ou nationales. On ne compte plus les travaux en attente faute de moyens, les bâtiments provisoires et préfabriqués dans lesquels s’entassent nos élèves…

Nous souhaitons par ce vote réaffirmer notre soutien à un enseignement public gratuit et de qualité, qui puisse disposer de tous les moyens nécessaires pour répondre aux obligations qui sont les siennes et assurer de bonnes conditions de travail aux enseignants, aux personnels territoriaux et bien-sûr aux collégiens.

Évoquer la situation de nos collèges me permet d’aborder la situation du squat de l’ancien collège Maurice Scève, à Lyon 4e.

J’étais intervenue en début de séance du 24 juin dernier en demandant quelles solutions d’hébergement avaient été travaillées en amont de la demande d’expulsion formulée par la Métropole. M. Kimelfeld m’avait promis qu’il me donnerait une réponse au cours de la séance mais, comme d’habitude, cette dernière n’est pas venue. Je repose donc la question : quelles sont les solutions de relogement qui accompagnent la demande d’expulsion du collège Maurice Scève, qui doit être réexaminée par le Tribunal dans quelques jours ?

Et ceci m’amène à une autre question. Elle concerne nos services cette fois. Est-il exact que la Meomie (Mission d’évaluation et d’orientation des mineurs étrangers) ne compte plus actuellement que 3 assistantes sociales pour 1800 jeunes accompagnés, soit un ratio de 1 travailleur social pour 600 jeunes ? Si ces chiffres sont exacts, alors autant dire qu’il n’y a pas d’accompagnement.

Et ce constat doit nous conduire à reconsidérer notre responsabilité et les circonstances du décès d’un mineur placé par la Métropole dans un hôtel à Genas. On ne place pas un jeune en prise avec des difficultés, connues qui plus est, sans accompagnement dans une chambre d’hôtel et encore moins sans informer le personnel hôtelier de ces difficultés.

Enfin le GRAM désapprouve fortement la décision prise suite au décès du jeune-homme d’évacuer de cet hôtel les autres mineurs pour les replacer sans plus de formalité ni de suivi dans… un autre hôtel, mais à Perrache cette fois.

On revient souvent dans cette assemblée sur le coût de la politique d’accueil des mineurs non accompagnés. Le problème est que nous payons plutôt une non-politique ! C’est cette non-politique qui est coûteuse, bien plus que les mineurs non accompagnés en eux-mêmes.

Nathalie Perrin-Gilbert