Bidonville Lyon
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Conseil Métropolitain du Grand Lyon – 11 mai 2015
Les clés du succès dans la lutte contre les bidonvilles et l’habitat précaire se trouve dans la mobilisation des acteurs de terrain.
André GACHET- Conseiller Métropolitain

Monsieur le Président, cher(e)s Collègues,

Je ne reviens pas sur le contenu du programme qui est développé très précisément dans les documents qui nous été transmis.

L’initiative du Grand Lyon, aujourd’hui de la Métropole, en Roumanie se situe dans un objectif d’appui aux politiques publiques locales de la commune de Tinca. Il s’agit d’un partenariat européen tout-à-fait original (dans lequel le Grand Lyon a été précurseur) qui privilégie le lien social, le développement local et le long terme.

Nous ne pouvons que saluer le chemin parcouru. Au-delà des améliorations matérielles, des conditions de vie des populations les plus pauvres, ce programme est aussi un exhausteur de la démocratie locale par la participation des habitants concernés et les évolutions des relations institutionnelles. Il faut donc soutenir la poursuite de notre engagement.

Nous devrions profiter de l’occasion qui nous est donnée pour examiner l’action de coopération décentralisée du Département du Rhône dont nous héritons. Il ne s’agit pas de tout reprendre, certaines démarches fondées sur la régulation des flux des personnes venues des judets de Timis et d’Alba n’ont pas été couronnée de succès. Ce que signale le rapport établi pour la DIHAL par les étudiants de l’ENA en juillet 2014 : « Dans le Département du Rhône, l’état des lieux réalisé par la DDCS, le réseau local, l’antenne de l’OFII et le Conseil général a produit des résultats quasi nuls ».
Par contre le soutien à la formation de travailleurs sociaux mérite d’être soutenu et en l’occurrence repris. Cette initiative rejoint plus précisément celle de la Métropole à Tinca. Il serait intéressant de lui donner un nouveau souffle. Pourquoi pas dans une mutualisation des moyens entre la Métropole et le Département ?

Nous devrions aussi nous pencher sur l’aide au retour prévue par les accords entre la France et la Roumanie en 2012 et réactualisé en janvier 2015. Dès son entrée en vigueur, le 25 janvier 2013, le Département du Rhône a signé un accord local avec les judets d’Alba et de Timis. Aujourd’hui, la direction de l’OFII à l’Ambassade de France à Bucarest est en attente d’interlocuteurs métropolitains. La difficulté de ce type de dispositif localisé repose sur celle de la relation avec les familles issues des secteurs concernés. Il faut donc rechercher les aménagements qui lui donneraient un peu d’efficacité.

Enfin, si nous parlons de la Roumanie, nous ne pouvons pas ne pas évoquer la situation des squats et bidonvilles que notre agglomération connaît depuis maintenant 20 ans. La permanence de cet état de fait montre à l’évidence la nécessité de construire des réponses qui permettent de sortir de politiques erratiques pour des populations en errance.

Les moyens d’agir autrement existent. Ils sont sous-utilisés. Le bilan dressé par la Délégation Interministérielle à l’Hébergement et à l’Accès au Logement, le 5 mai dernier, le démontre. Les moyens mis à disposition par l’État sont inégalement utilisés dans notre Région : à Grenoble une MOUS qui concerne 800 personnes, à Lyon une plate-forme pour l’accès à l’Emploi de 50 ménages.
D’autres projets d’agglomération existent à Strasbourg, à Bordeaux, à Dijon ou à Toulouse.
Dans le cadre du Programme pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, les 4 millions d’euros dédiés, pour cette année 2015, offrent des moyens d’agir. Il faut pour cela avoir des projets, la Métropole de Lyon dispose d’un nombre d’acteurs compétents qui le permet.  Le prochain déplacement du Délégué Interministériel à Lyon devrait être l’occasion d’évoquer cela de manière concrète.

Nous pourrions aussi évoquer l’absence de recours aux fonds de droit commun (l’ANAH bidonville demeure un objet administratif non identifié et pourtant bien réel même si ses subventions n’ont été utilisées que trois fois au cours des quatre dernières années) et bien entendu aux fonds européens (mais de cela je vous ai déjà parlé).

Au final, comme pour la coopération décentralisée, les clés du succès dans la lutte contre les bidonvilles et l’habitat précaire se trouvent dans la mobilisation des acteurs, dans leur diversité, sur la base des engagements de la Collectivité.

Je vous remercie de votre attention.

André GACHET

Délibération 2015-0290 – Convention de coopération décentralisée 2015-2017 entre la Ville de Tinca (Roumanie) et la Métropole de Lyon – Attribution d’une subvention à l’association Villes en Transition – IDT Monde pour l’inclusion sociale des personnes défavorisées de Tinca.