Constitution
Liberté de manifester : appel à la mobilisation le 13 avril
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Si le droit de manifester n’est pas clairement inscrit dans la Constitution de la Ve République, il figure dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789, qui lui sert de préambule. Ce texte stipule que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».

Une réunion unitaire a eu lieu le 21 mars à l’Assemblée nationale*. Il en est sorti un appel signé par des syndicats, associations, médias, collectifs citoyens, forces politiques, élu·e·s et groupes politiques pour la défense de nos libertés publiques.

Plus de 50 organisations appellent donc à manifester ce samedi 13 avril partout en France contre ce gouvernement autoritaire et contre les atteintes au droit de manifester.

Le GRAM Métropole se joint à cet appel.

 

Communiqué de presse

 

Si la loi est votée par le Parlement au nom du peuple français, elle ne peut et elle ne doit pas porter atteinte à la libre expression du peuple. La proposition de loi adoptée par l’Assemblée nationale qui prétend encadrer le droit de manifester reste, malgré la censure du Conseil constitutionnel, une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs.

 

Participer à une manifestation ne saurait pas plus signifier le risque pour tout individu d’être poursuivi, fiché et condamné pénalement comme financièrement.

 

Soumettre les participants et les participantes à une manifestation à une fouille systématique, faire d’un visage en partie couvert un délit, persister dans l’usage d’armes qui mutilent, voici l’esprit et la lettre de mesures qui sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion.

 

Cette loi de circonstance porte un lourd risque d’arbitraire des gouvernements d’aujourd’hui comme de demain. Nous en demandons l’abrogation. C’est pourquoi nous appelons nous appelons à manifester partout en France le samedi 13 avril 2019.

 

Contresigné par une cinquantaine d’associations, syndicats et partis.)

 

Alors que depuis des mois, une grave répression touche les manifestants, ce samedi, à Lyon, la préfecture annonce l’interdiction de défiler dans certaines zones de la ville. C’est ainsi qu’une modification de parcours nous été imposé.

 

Une raison de plus pour manifester nombreux, à Lyon, comme partout en France, le :

 

Samedi 13 avril à 13 heures

 

Départ : Place Louis Pradel

 

(Lyon 1er – Métro Hôtel de Ville)

 

Ligue des Droits de l’Homme (LDH69), UD-CGT69, Libre Pensée du Rhône, Mouvement Ensemble! 69 (E!69), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Ouvrier Indépendant (POI), Parti de Gauche du Rhône, CNT-UD 69, Syndicat de la Magistrature, France Insoumise, Attac69, GRAM Métropole.

 

* Extrait de la réunion unitaire a eu lieu le 21 mars à l’Assemblée nationale

Suite à la réunion unitaire de ce 21 mars à l’Assemblée nationale,.il en sort un appel signé par plus de trente organisations (syndicats, associations, médias, collectifs citoyens, forces politiques, élus et groupes politiques) et des personnalités que vous trouverez ci-après. D’autres signataires devraient rejoindre cet appel. Une prochaine réunion aura lieu le 28 mars pour décider d’initiatives communes.

Un nouveau seuil a été franchi dans la dérive autoritaire du gouvernement. Après l’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun, l’adoption du projet de loi “anti-manifestant·e·s” qui accroît les mesures liberticides vis-à-vis des manifestant·e·s et des Gilets Jaunes, nous apprenons que l’exécutif souhaite mobiliser les militaires de l’opération Sentinelle pour intervenir face aux mobilisations sociales. Un État de droit, une démocratie, la République ne sauraient accepter que l’armée se retrouve face au peuple, comme s’il était un ennemi, comme si la guerre civile était déclarée.

L’ONU a déjà mis en garde la France, pays de la déclaration des Droits de l’Homme, pour ses manquements à ses engagements pour les libertés fondamentales. Beaucoup connaissent l’aggravation de cette situation depuis longtemps, que ce soient les migrant·e·s, les quartiers populaires, qui ont été le champ d’expérimentation d’un maintien de l’ordre souvent en dehors des principes de l’État de droit. La situation prend cependant une gravité inédite. La pénalisation du mouvement social, écologiste et syndical, le mépris au regard des contre-pouvoirs, est une façon d’empêcher tout dialogue, toute issue positive aux crises de notre époque.

Face aux destructions de bâtiments ou autres actes de violence, le gouvernement ne doit pas jouer aux pompiers pyromanes mais faire preuve de responsabilité. Il est temps de penser les conditions de la désescalade. Pour cesser de nourrir la tension, l’État a le devoir d’en finir avec les provocations et le recours à un arsenal sécuritaire aussi exponentiel qu’inefficace, comme il le fait depuis des semaines vis-à-vis des gilets jaunes. Il est intolérable que des armes dangereuses, dont nous réclamons l’interdiction, aient tant blessé, estropié de manifestant·e·s. Le bilan est déjà tragique et historique. Le droit fondamental de manifester se trouve maintenant clairement menacé. Nous refusons cette menace, y compris dès le samedi 23 mars.

La baisse des tensions que nous souhaitons suppose également que les pouvoirs publics répondent concrètement aux aspirations qui s’expriment largement dans le pays pour la justice sociale, pour une vie digne pour chacune et chacun, pour la lutte contre le mortifère réchauffement climatique.

Nous appelons toutes les forces vives progressistes du pays, attachées aux libertés publiques, à faire cause commune pour que le gouvernement change de ton et de réponse, pour que la démocratie ne soit pas bafouée mais renforcée, pour le retrait de la loi anti manifestants, et l’annulation des mesures liberticides annoncées ce lundi 18 mars par le premier ministre.

Nous prenons date en ce jour pour une nouvelle réunion plus large encore jeudi 28 mars afin d’y prendre ensemble des initiatives.

ANV-COP 21;
ATTAC ;
Comité Justice pour Adama ;
Coopérative Ecologie Sociale ;
Le DAL ;
EELV ;
Ensemble ;
Génération.s ;
L’Humanité ;
L’UNEF ;
L’Union Nationale Lycéenne ;
La Chapelle Debout ;
La France insoumise ;
La FSU ;
Là-Bas si j’y suis ;
Le groupe de la Gauche démocrate et Républicaine ;
Le groupe parlementaire de la France Insoumise ;
Le Mouvement National Lycéen ;
Le Parti Communiste Français ;
Le Nouveau Parti Anticapitaliste ;
Le Parti communiste des ouvriers de France ;
Le Parti de Gauche ;
Le Parti Ouvrier indépendant ;
Le Parti Ouvrier indépendant démocratique ;
Le SNES ;
Le Syndicat des avocats de France ;
Les Amis de la Terre ;
Regards ;
Solidaires ;
Sud Postes 92 ;
Union Syndicale Solidaires;

Jean-Félix Acquaviva, Député de Corse ;
Taha Bouhafs, Journaliste ;
Paul André Colombani, Député de Corse ;
Jean-Luc Laurent, Maire du Kremlin-Bicêtre et coordinateur de GRS ;
Marie-Noëlle Lienemann, Sénatrice ;
Bénédicte Monville, Conseillère régionale d’ile de France
Jean-Marc Salmon, chercheur